C’est la maison d’un pêcheur,
abritée au creux d’un vallon, qui surveille
l’océan.
Des femmes, la robe accrochée à la ceinture, dans
l’eau jusqu’à la taille,
débarquant la pêche d’un bateau,
à peine échoué, toutes voiles dessus,
pour être les premières au marché.
Toute une famille, la mienne ? la vôtre ?
les pieds dans l’eau, portant son regard vers un horizon
paisible. Vraiment paisible ?
Un Liner, sous un grain, qui s’enfuit vers une destination
incertaine … L’étrave gigantesque
d’un cargo se dressant, hésitant entre la
sensualité de ses courbes et la rouille qui va
bientôt sceller son destin.
La mer est partout dans la peinture de Gaillard. Elle est,
même lorsqu’on ne la voit pas, le fil commun de
tous ses tableaux.
Avis aux navigateurs : méfiez vous de ces instants
arrêtés, de ces histoires
incomplètes !
Derrière l’anecdote et la très grande
beauté formelle de ces scènes maritimes, Raoul
Gaillard saisit toutes les émotions d’un
passé parfois très proche qu’il nous
restitue sans bruit mais sans limites.
Ne regardez pas ses tableaux, chacun est une vague qui vous arrache et
vous emporte !