L’esprit de la mer appelle l’âme du
peintre,
Leur embrasement secret inonde le champ marin
Où s'enivre la fiction du tableau,
La ferveur onirique du paysage succombe
Au crépuscule enflammé.
Attentif à la cadence rageuse des vagues,
L’élan des remorqueurs croise les solitaires
vaisseaux.
Leurs vibrantes fumées coulent l’émotion de
la mer.
Puis, le tableau retarde le crépuscule
Jusqu’à l’ombre frangée de la
falaise,
Dans un projet de brume, festonnée de rochers.
Dans l’échancrure palpitante de la plage,
Au velours singulier du sable, sous les pas capricieux,
S’élance la foudre de lumière
Allumant le reflux des femmes sur le rivage mordoré,
Où le crépuscule enchanté alanguit le cri
des vagues.
La mer, d’abord lointaine et profonde,
Livre l’écume en ses conflits changeants.
Dans la litière de la nuit,
D’ultimes nuages ont bouleversé le cœur du
paysage.
Comme le soir, la lune succède à la plage.
En murmurant la nuit, la mer a éteint son écho
fiévreux.
Instant d’éternité, quand
s’apaise son large frisson,
Sédiments lumineux du rêve charriant les rivages.